Publié le 11 novembre 2010
Primauté à la neutralité !
A l'unanimité de ses membres moins une voix Ecolo, les membres du Conseil communal en sa séance du 13 septembre ont voté sur ma proposition de modification du statut administratif du personnel de la Ville de Namur interdisant désormais le port de signe distinctif convictionnel.
Nous aurions pu penser qu'il existe d'autres urgences politiques que celles de porter une réflexion et un débat sur cette interdiction.
Et lorsque j'ai amené ce point sur les bancs du Conseil certains auraient pu dire que c'était sacrifier à une mode, surfer sur l'air du temps, flatter les angoisses ou exacerber les différences voire tâter avec la xénophobie ou encore vouloir caresser l'électorat dans le sens du poil.
Heureusement que ceux qui me connaissent savent que je suis particulièrement attaché à la liberté individuelle, que je ne joue pas avec la peur des gens ni ne prône un rejet de l'autre.
Mais, il est sain que dans un espace démocratique comme un Conseil communal, puisse se développer une réflexion sociétale importante.
A travers ce texte les Conseiller communaux namurois ont réaffirmé la primauté d'une des valeurs essentiels à mes yeux : la neutralité de l'Administration publique.
Certes, le droit d'avoir des convictions religieuses, philosophiques, culturelles, politiques est un droit essentiel, laissé au libre choix de chacune et de chacun.
Mais c'est l'impartialité de l'autorité publique qui permet, dans une société composée d'individus libres et différents, la cohabitation harmonieuse de convictions distinctes.
Cette autorité publique se retrouve au niveau communal au sein de notre administration et de nos écoles.
Le personnel communal qui exerce une mission de service public doit la remplir avec neutralité et dans le respect des valeurs fondamentales de notre société.
C'est en vertu du principe d'impartialité que l'administré doit pouvoir considérer que ses droits et obligations ne seront pas conditionnés ou influencés par ses propres affinités culturelles et philosophiques, ou par celle de son correspondant au sein de l'administration.
Les agents communaux doivent traiter les usagers de leur service sans aucune discrimination et leur garantir l'égalité de traitement sans distinction fondée notamment sur la nationalité, le sexe, l'origine sociale ou ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou encore l'orientation sexuelle.
Bien qu'à ma connaissance, notre Administration n'ait jamais trahi la confiance du citoyen en la matière, il importe que cette règle soit fixée.
Dès lors toute personne qui participe à l'exercice de notre administration doit refléter cette neutralité dans son attitude, son comportement ainsi que ses vêtements.
Pour respecter ces valeurs, l'égalité de traitement justifie l'abstention pour le personnel communal de porter ou d'afficher des signes distinctifs convictionnels manifestant des convictions religieuses, philosophiques ou politiques.
Ce sera donc désormais le cas à Namur !
Pour recevoir notre newsletter ou ne plus la recevoir, veuillez entrer votre adresse mail :