Publié le 23 février 2011
QUESTION ORALE DE MADAME BARZIN À M. LUTGEN, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE L'AGRICULTURE, DE LA RURALITÉ, DE LA NATURE, DE LA FORÊT ET DU PATRIMOINE, SUR « LA RÉPARATION EN PROVINCE DE NAMUR DES DÉGÂTS DES ROUTES CAUSÉS PAR LA NEIGE »
Madame Barzin
Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, le dégel et les températures plus douces de ces derniers jours ont permis de constater les dégâts des routes engendrés par la première offensive hivernale que nous avons connue au mois de décembre. Les nombreux trous se révèlent être très dangereux, surtout sur le réseau structurant. La Province de Namur n'échappe pas à ces constats.
Certaines routes sont dans un état déplorable. Je citerai quelques exemples qui ont déjà été largement médiatisés : la E42 à hauteur du Viaduc de Rhisnes, en direction de Mons où on ne compte plus les importants nids-de-poule. Le SPW a décidé de fermer ce tronçon d'autoroute le lundi 10 janvier et, si j'ai bien entendu les informations ce midi, il faut croire que ces travaux sont maintenant terminés.
Deux bandes de circulation avaient été fermées pour retirer huit centimètres d'asphalte et remettre une nouvelle couche sur les deux bandes. On a aussi effectué des réparations plus rapides sur la Nationale 4 entre Assesse et Ciney. Pour des raisons évidentes de sécurité, certaines réparations ont dû être faites urgemment, mais on peut s'interroger sur la technique de tarmac à froid en tant que telle, parce que certaines réparations n'ont tenu que deux jours. Maintenant, on doit slalomer quand on utilise ce tronçon.
D'autres routes peuvent aussi être mentionnées : la N904 entre Rhisnes et Saint-Servais est également presque impraticable, la N941 entre Wierde et Goyet alors que cette nationale avait fait l'objet de réparations il y a quelques années à peine, la N5 entre Somzée et Gomzée, la N978 entre Somzée et Gerpinnes. Dans l'Arrondissement de Dinant, on peut aussi constater d'importantes dégradations sur la N936 entre Sorinne et Dinant ainsi que sur la voirie qui relie Dinant à Yvoir.
Serait-il possible, Monsieur le Ministre, de disposer d'un tableau reprenant les principaux points noirs en Province de Namur, la programmation des chantiers prévus pour ceux-ci et le budget dégagé à ce niveau ? Quel sera l'ordre de priorité de ces réparations ? Quel type de technique sera utilisé ? Pour le chantier de la E42, pouvez-vous nous assurer de la qualité des travaux effectués ?
Certains experts ont plutôt préconisé de retirer 20 cm d'asphalte au lieu de 8 cm, comme cela a été fait. La technique utilisée est-elle correcte et cela va-t-il donner un résultat de qualité ? En ce qui concerne la N4, combien ont coûté les réparations utilisant la technique du tarmac à froid ? Pour cette portion, il me revient que le SPW serait en litige avec l'entrepreneur et souhaiterait que ce dernier prenne en charge la totalité des frais. Qu'en est-il ? Quand des réparations plus résistantes auront-elles lieu ? Qu'en est-il également pour les deux autres voiries que j'ai mentionnées au début de mon intervention, la N904 et la N941 ?
M. Lutgen, Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine.
(Extraits choisis)
Trois critères ont déterminé le plan ROUTES : le critère de la sécurité routière, le critère de la qualité du revêtement et le critère de la mobilité. Ce sont des défis à la fois de diminuer le nombre d'accidents, mais aussi de faire en sorte que le développement économique de notre région puisse se faire. La fierté aussi, c'est le confort pour les usagers en termes de qualité de revêtement. Ces trois critères ont déterminé l'ensemble du plan ROUTES 575 chantiers approuvé par la BEI pour l'essentiel de ses chantiers, puisqu'ils ont été regroupés en 37 grands chantiers que nous devons mettre en œuvre ou qui ont pour partie déjà été mis en œuvre l'année dernière.
Reconnaissez que le plan a été approuvé au niveau de la BEI au mois de mai juin de l'année dernière, qu'il y a toute une série de travaux qui ont eu lieu, que toute une série d'usagers et tout le monde s'est étonné du nombre de travaux qui avaient déjà lieu l'année dernière, et on sait très bien qu'on va y aller de façon croissante. Effectivement, une réforme, cela ne se fait pas comme ça ! On avait un système X et on passe au système Y du jour au lendemain. Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne. On passe effectivement d'une façon de travailler à une autre façon de travailler. On ne pouvait pas comme ça dire : « Pendant deux ans, on va tout arrêter, il n'y aura plus de travaux, on va tous réfléchir et voir comment on va pouvoir faire ». Non ! Il y a encore des travaux qui ont eu lieu l'année dernière qui étaient des travaux qui dataient parfois d'adjudications d'il y a deux ou trois ans avec des niveaux de garantie qui étaient toujours de trois ans.
Exemple très concret, Madame Barzin, la Nationale 4 et la portion dont vous parlez, c'est la société BETONAC comme ça, elle aura une mauvaise publicité, tant pis pour elle qui a reçu ces marchés. Les travaux ont eu lieu en 2007, période de trois ans de garantie. Le SPW a donc fait le constat en fin de garantie, puisqu'il y a un constat de réception du chantier qui doit être fait en fin de garantie, donc en juin 2010. On a constaté des carences au niveau de ce chantier et tout cela est en litige et se retrouvera sans doute devant un tribunal puisque la société, l'entreprise, conteste la réalité, pas de la qualité de la route, cela, elle ne le conteste pas, mais elle dit que c'est la faute du cahier des charges, et cætera.
Si je prends l'exemple de l'avant/après, la garantie est aujourd'hui de cinq ans, elle est passée de trois à cinq ans ; de cinq à dix ans pour les réfections en profondeur. Est-ce suffisant ? C'est un élément. Il y a bien sûr d'autres éléments qui peuvent améliorer structurellement l'ensemble du réseau, comme M. Fourny l'a dit. Il y a les garanties, bien sûr, mais il y a aussi l'ensemble du contrôle, la surveillance des chantiers et croyez bien qu'il y a encore énormément d'efforts qui doivent être réalisés à ce niveau-là, d'abord non seulement la connaissance, les compétences, mais aussi la vigilance et la volonté de pouvoir vérifier, contrôler, inspecter chaque chantier au niveau de la région, de pouvoir aussi exclure vous entendez bien, exclure le cas échéant des entreprises qui, effectivement, de façon récurrente, font du travail, oserais-je dire, pour le moins je vais être très diplomatique en le disant aléatoire sur le réseau, avec certaines réussites et puis, parfois, on constate qu'après un an, deux ans, trois ans, il y a des difficultés sur ces chantiers. Il y a des entreprises qui travaillent très bien et qui doivent aussi pouvoir être récompensées et soutenues au niveau de notre région.
Bref, vous aurez compris que ce n'est pas un défi qui est évident, ce n'est pas un homme seul qui peut le réaliser, on peut le réaliser tous ensemble, en travaillant de façon intelligente. Quand je dis tous ensemble, c'est région, commune, province, bien sûr, en synergie. Elle est nécessaire dans l'organisation des travaux entre l'ensemble des acteurs régionaux et communaux. Mais cet élément là se trouve déjà dans le plan ROUTES, cet élément de la mobilité, parce que, si on devait réaliser l'ensemble des routes qui demandent une réfection en profondeur, il n'y a plus personne qui prendrait sa voiture, vous seriez tous à vélo, (...), on irait tous passer sur le côté parce qu'il n'y a plus personne qui pourrait rouler. Donc, une programmation se fait aussi en tenant compte effectivement des aspects de mobilité pour que l'on puisse continuer à circuler malgré l'augmentation du nombre de chantiers.
Tout ce que je viens de faire ici, ce sont des rappels. Je ne suis pas en train de dire, je ne passe mon temps à faire le procès des uns et des autres. Il y a une situation structurelle qu'il ne faut jamais oublier. Il y a treize milliards d'euros, je vous le rappelle, de recettes fiscales liées à l'automobile, qui traînent toujours au fédéral.
Il y a une régionalisation des routes qui a été faite de manière un peu particulière. Cela m'amène à dire, et je l'ai déjà dit pour l'agriculture tout à l'heure, lorsque nous avons eu la discussion avec la Cour des comptes, c'est clair qu'on a dû réinjecter, au niveau du Gouvernement wallon, 45 millions d'euros pour faire face à cette obligation de responsabilité, de compétence, au niveau agricole. Mais ce qui s'est passé au niveau des routes et de la régionalisation des routes, on remarque que, structurellement, puisqu'il y a des difficultés aussi à Bruxelles et en Flandre. Même si nous avons une propension à trouver que nous sommes les moins bons du monde, il ne faudrait quand même pas dire qu'il n'y a pas de problème dans les autres régions parce que, structurellement, il y a un problème de financement.
Je suis pour plus de compétences, pour plus de responsabilités, mais pour plus de cohérence, je n'ai pas peur de le dire, mais à certaines conditions. Si c'est pour ne pas avoir les moyens de nos ambitions, cela ne m'intéresse guère et cela mettra à mal nos contribuables et l'ensemble de nos concitoyens. Ce n'est pas sérieux et ce n'est pas crédible pour qui que ce soit. Structurellement, il y a eu un sous-financement. Alors, c'est vrai que nous avons maintenant des moyens qui sont dégagés grâce au parcours que nous avons pu établir à la fois vis-à-vis de la BEI, à la fois vers d'autres organismes bancaires, à la fois aussi de recettes et de fonds propres mobilisés au niveau de la SOFICO pour rénover l'essentiel du réseau durant les cinq, six, sept prochaines années.
Pour répondre à une de vos questions, il y a effectivement des chantiers qui vont venir s'additionner suite à ce que l'on a constaté ces derniers jours. Mais l'essentiel des dégradations était connu et ces dégradations étaient répertoriées, point par point. Elles ont fait l'objet d'une attention mètre par mètre de la société ARCADIS qui a établi l'ensemble du plan sur le réseau structurant. Il reste le réseau SPW puisque cela a été évoqué par certains. Le réseau SPW recevra 30 millions d'euros environ en plus par an de par la ventilation qui se fait entre SOFICO et SPW pour mener à bien ses missions. Est-ce suffisant ? Je ne peux pas vous le dire aujourd'hui, puisque le plan ROUTES du réseau secondaire doit être établi aussi au niveau du SPW, il doit faire l'objet exactement de la même méthode de travail, tout le monde le comprendra.
Même chose d'ailleurs, au niveau des communes. J'inviterai les communes, avec un programme simplifié, pour que le réseau communal fasse la même démarche, critères de sécurité routière, mobilité et critères qualité de revêtement, avec évidemment des adaptations : on n'établit pas des travaux pour une autoroute de la même manière que pour une route de village, ne fût-ce que pour des passages pour piétons et il y a toute une série d'aménagements qui ne sont pas les mêmes. Mais en tout cas, la détermination des objectifs et des critères doit être exactement la même et l'utilisation doit être aussi cohérente sur l'ensemble du réseau.
Donc, la cohérence, c'est aussi grâce à ces logiciels, grâce à l'ensemble des méthodes de travail qui sont similaires entre les différents acteurs et entre les différents responsables au niveau des différents réseaux. C'est la responsabilité de la région de donner l'impulsion. J'ai donné l'impulsion la plus importante sur le cœur du réseau, c'est vrai. Le cœur du réseau, ce sont les autoroutes, ce sont les routes régionales les plus importantes, les deux fois deux bandes. Cela ne veut pas dire qu'on abandonne le reste, puisqu'il y a des moyens complémentaires, mais c'est d'abord là qu'on travaille.
Au-delà de cela, il y a maintenant et demain. Mais maintenant, c'est aussi important, et je le comprends parfaitement. Vous avez évoqué toute une série d'endroits, j'en connais la plupart parce que j'ai beaucoup circulé, non pas pour me promener durant ces dernières semaines, mais pour constater moi-même les problèmes et y apporter des réponses.
J'ai aussi organisé différentes rencontres avec l'ensemble des directions pour qu'elles établissent un plan, un cadastre des différents points noirs, qu'elles mettent des priorités à l'intérieur de ces points noirs parce qu'on ne peut pas tout faire comme ça, du jour au lendemain, surtout qu'on a besoin de conditions particulières sur le plan météorologique, cela a été rappelé tout à l'heure. Faire en sorte aussi que ce plan soit parfaitement déterminé par direction et coordonné entre les directions. C'est aussi une première, cela n'existait pas nécessairement auparavant, sans reproche vis-à-vis de qui que ce soit, il y a des travaux qui ont eu lieu dès que les contraintes étaient levées. Les contraintes, c'est la météo : pluie, froid. Nous avons utilisé les techniques adaptées chaque fois en fonction de ces conditions météo.
On a utilisé des techniques d'asphaltage à froid parce qu'il n'y avait pas d'autre technique disponible. On fait des travaux d'urgence qui ne tiennent pas longtemps, mais on ne peut pas nous dire deux choses ; d'une part, qu'il faut faire quelque chose sinon il va y avoir des drames comme je l'ai entendu dans une question excellente à la télévision ce week-end qui demandait si on attendait des morts pour réparer les nids-de-poule, le même média disant aussi que ce sont des réparations qui ne tiennent pas. Il faut être sérieux : on ne peut pas à la fois demander une chose et son contraire. Des réparations d'urgence se font. On sait qu'elles ne sont pas durables, mais on a l'obligation de réparer et de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'accident à ces endroits-là. Cela n'enlève en rien l'obligation, par la suite, de faire des réfections, qui se trouvent dans le plan ROUTES, qui sont durables, et là, M. Fourny a parfaitement raison, et d'autres l'ont dit dans leurs interventions, nous devons être très scrupuleux, très attentifs à la bonne exécution, à la bonne réalisation. Et ce que M. Bolland a dit, et je suis évidemment pour qu'il y ait une commission, et que l'on discute en commission dans quelques mois, au mois de mai ou de juin, de l'ensemble des aspects techniques et qu'on vienne expliquer ici à l'ensemble des parlementaires tous les aspects qui concernent ce problème. Beaucoup de choses circulent, beaucoup de rumeurs traînent, mais il y a aussi beaucoup de vérités qui interviennent sur la qualité des matériaux, sur la vérification du contrôle en amont, durant le chantier, à la fin du chantier, sur les bonnes réceptions, les bonnes ententes qui peuvent exister entre différents intervenants et partenaires. Il y a plein de choses à dire, plein de choses à constater. La référenciation, tout cela existe. Beaucoup de choses existent puisque, dans le plan ROUTES, tout ce travail-là a été réalisé.
Qu'on vienne le réexpliquer pleinement, pourquoi pas ? On peut prendre des exemples très concrets, notamment sur tout ce qui est balisage, peinture utilisée sur nos routes avec les conséquences que cela peut avoir sur le revêtement, sur l'utilisation de certains produits, et cætera. Cet inventaire est totalement minimaliste par rapport à la réalité du défi et de la situation. C'est une bonne idée de pouvoir avoir ces aspects techniques. Des aspects juridiques vont également intervenir. Croyez bien que nous travaillons pour faire en sorte que des entreprises ne nous disent plus, comme c'est le cas de BETONAC, : « On a refait, mais ce qui était en-dessous n'était pas bon, donc, nous n'y sommes pour rien ». Il y a des aspects juridiques dans la contractualisation qui doivent nous permettre de ne plus engendrer ce type de situation. Des juristes travaillent pour l'instant sur le sujet. Il faut faire en sorte que la responsabilité d'un entrepreneur, lorsqu'il entame un chantier, soit pleine et entière. Cela demande une attention très pointue par rapport à chaque ligne de contrat, par rapport au cahier de charges, par rapport à ces aspects-là.
Tout cela prend un certain temps, mais chaque jour, il importe de faire en sorte qu'on augmente en qualité et que tous ces aspects juridiques puissent être rencontrés. Concernant les dégradations et les travaux d'urgence, vous aurez constaté que, durant ce weekend, nous avons profité de la « fenêtre » de deux jours d'une météo un peu plus favorable, du temps pas trop humide pour intervenir dans des réparations qui sont effectivement provisoires dans différents endroits : sur l'E25 entre Embourg et Beaufays, sur le l'E25 entre Sprimont et Werbomont, entre Herstal et Cheratte, entre Loncin et Waremme, à hauteur de la descente de Cheratte, sur l'échangeur de Loncin sur plusieurs portions, sur les Viaducs de Lavoir et Huccorgne, sur le Viaduc de Rhisnes, entre Thiméon et Courcelles sur l'E42, entre Fleurus et Heppignies sur l'E42, entre Tournai et Hautrage sur l'E42, sur l'E411 entre Wellin et Lavaux, sur l'E411 entre Custine et Rochefort, la N4 entre Courrière et Ciney, à hauteur de Marche-en-Famenne, à hauteur d'Ottignies, entre Champlon et Bouillon sur la N89, sur la l'A54 entre Jumet et Luttre sur la R3 entre Mont-sur-Marchienne et Marcinelle, sur la N5 entre Bertransart et Loverval à Gosselies, sur la N5 entre Waterloo et Rhodes-st-Genèse, entre Lamain et Tubize sur l'A8, sur l'A17 entre Marquain et Dottignies et sur l'A19 entre La Louvière et Hensies.
Il y a eu effectivement, de façon massive, parce que l'on a organisé des choses. Ce sont des réparations urgentes, mais ce n'est pas pour cela qu'il ne peut pas y avoir un cadastre le plus précis possible. Il y a des sites internet, mais il y a aussi l'ensemble des garde-routes et l'ensemble des responsables de districts qui doivent établir ce plan. J'ai mobilisé l'ensemble des moyens pour que l'ensemble des entreprises qui fournissent du tarmac à chaud puisse en fournir en quantité, en l'occurrence environ 1 000 tonnes ont été posées durant ce week-end.
Sur les coûts que cela représente, concernant notamment le tarmac à froid, Madame Barzin, des nouvelles techniques ont été utilisées, veuillez m'excuser, mais vous aurez cela dans quelques jours. En général, les décomptes de tout cela se feront même plutôt lors de l'ajustement budgétaire. Nous essayerons toutefois de vous donner cela le plus rapidement possible, mais je ne peux pas demander à la fois aux hommes de gérer et de vous donner cela au franc près, minute après minute. Tout le monde peut comprendre cela. Sur la suggestion de certains experts, et c'est pour cela qu'il serait intéressant d'avoir une commission, de dire si je prends l'exemple de Rhisnes, Madame Barzin, avec tout le respect que je vous dois et vous savez combien je vous apprécie qu'il faut racler à 20 cm plutôt qu'à 8 cm, si on racle à 20 cm, c'est le béton que l'on touche et on enlève toute la partie bétonnée. Je ne suis pas sûr que ce soit la solution idéale, sans être un expert, en disant cela de façon absolument modeste par rapport à votre intervention.
Il y a toute une série d'autres éléments qui permettent finalement à la fois d'assurer le plus pressant en termes de sécurité routière et en termes de mobilité, puisque ce sont les deux critères qui ont été utilisés pour l'ensemble de ces réparations d'urgence et dégâts divers, pour être très précis dans les éléments. Il y a tout le programme de réflexion, et, évidemment, la qualité des différents revêtements. Pour la première fois, toute une série de chantiers en 2010, cela a été une nouveauté, ont été recommencés. Cela veut dire qu'aux entreprises ayant réalisé le travail ou en cours de travaux, nous avons dit j'ai utilisé ce qu'on appelle le droit de réfection : « Vous recommencez le travail ! ». Ce droit existait, je n'ai rien inventé, mais, par contre, il n'était pas nécessairement activé.
Le directeur général de l'administration, l'ensemble des inspecteurs généraux, des chefs de district savent, je leur ai moi-même dit, que je serai toujours à leur côté pour qu'ils augmentent la qualité, pour qu'ils soient d'une sévérité la plus forte possible dans les exigences que nous devons avoir vis-à-vis des entreprises, mais qu'ils doivent être aussi exigeants vis-à-vis d'eux-mêmes, de l'ensemble du personnel pour apporter le meilleur service possible à l'ensemble des usagers. Reconnaissons qu'ils ont été largement sollicités. On reparlera certainement de l'aspect du déneigement, et cætera. Il y a des hommes qui, depuis maintenant plusieurs semaines, travaillent. On tire sur la corde au maximum, même sur le plan légal, des heures de travail.
Concernant encore d'autres points plus particuliers, je vous ai répondu, Madame Barzin. Le tableau reprenant les points noirs existe et l'ordre de priorité a été fixé. On travaille dans l'urgence, bien sûr. On a commencé les travaux de réparation d'urgence et provisoires dans les endroits qui présentaient le plus de danger au niveau de la sécurité routière, de la mobilité. Mais, évidemment, nous allons continuer ce travail. Il y a des choses qui vont devoir être recommencées dans les prochaines semaines. Par rapport à cette sécurisation d'urgence, je rappelle que, dès que les conditions météorologiques seront favorables, et j'espère qu'elles arriveront le plus rapidement possible, l'ensemble du plan ROUTES qui a démarré l'année dernière, qui a démarré tard et qui s'est terminé tôt - Pourquoi ? Parce que l'hiver a duré tard et qu'il a commencé assez tôt - je n'espère qu'une chose, c'est que l'on puisse le réactiver le plus vite possible par rapport à toute une série de chantiers.
M. Mouyard est venu avec des solutions, ce qui est très bien, notamment sur l'aspect des concessions. C'est un aspect qui m'intéresse beaucoup puisque, je n'ai rien inventé, vous n'avez rien inventé, c'est la Cour des comptes avec l'inspecteur des finances de l'époque, en 1997, qui a fait des propositions en 1997, 1998, 1999 pour dire : « Pour une partie des chantiers, il y aurait un intérêt à les regrouper ce qui est fait dans le plan « ROUTES », puisque 37 grands chantiers sont regroupés , et pour ces chantiers, d'avoir à la fois l'aspect investissement/réfection d'une partie du réseau, mais aussi de l'entretien de celui-ci sur une période de dix ou douze ans. Ceci permet de donner une certaine garantie de bonne exécution. C'est une approche qui est davantage orientée vers les objectifs à atteindre que vers les moyens à mettre en œuvre. C'est une approche fondamentalement différente de par l'ensemble des cahiers de charges et l'ensemble des éléments qui doivent se retrouver même sur le plan juridique et autres. La SOFICO travaille sur ces éléments-là pour pouvoir le lancer sur certains chantiers.
Ne me demandez pas dans quinze jours où j'en suis car cela prendra un certain temps, mais j'ai la volonté claire et nette d'organiser des systèmes dits de «concessions » tels que je viens de les expliquer, impliquant à la fois la réfection, mais aussi l'entretien sur une période de dix ou douze ans, tous deux attribués à une seule entreprise, mais qui doit avoir les reins suffisamment solides.
On peut toujours aller plus vite. Cela étant, je veux aussi que le monde économique puisse s'organiser par rapport à cela. Si je lance cela demain, seuls quelques grands groupes vont pouvoir répondre à ce type de concessions. Les entreprises wallonnes doivent s'organiser, je leur ai déjà dit à plusieurs reprises. Il y a des consortiums possibles, il y a toute une série de modalités possibles pour répondre à ce type d'approche, demain, qui est une approche de résultats, de durée. Mais il faut aussi avoir, en termes de capitalisation et de caution, les reins suffisamment solides pour répondre à ce type de marché chez nous. C'est une piste, ce n'est pas pour l'ensemble du réseau, c'est pour une partie du réseau.
Des gros chantiers vont intervenir. On a parlé tout à l'heure de Rhisnes et de toute la dorsale. Sur la dorsale entre Andenne et Jemeppe, on a tout un chantier qui est estimé à 43 millions d'euros environ. Le permis a été délivré et, maintenant, tous les aspects techniques doivent intervenir. Je n'ai pas dit que ce chantier ferait l'objet d'une concession. Si vous me posez la question, je vous y réponds déjà. Tout cela est à l'étude. Évidemment, tous ces éléments nous permettront, bien sûr, d'améliorer largement l'ensemble de la situation sur le terrain.
Je terminerai, d'abord en vous remerciant, puisqu'on n'a pas trop versé dans la démagogie. C'est toujours un réel plaisir. Ce défi est vrai pour l'ensemble des autorités wallonnes. Bien sûr que je l'incarne plus que n'importe qui, puisque j'ai cette responsabilité personnelle. J'ai choisi de prendre cette compétence, je ne vais donc pas m'en plaindre aujourd'hui. Ce serait malvenu de gémir et de reprendre d'autres personnalités, il faut arrêter. On doit maintenant se concentrer sur la priorité de l'ensemble des chantiers, sur leur bonne réalisation, en le faisant ensemble et en ayant des objectifs serrés en matière de sécurité routière, de mobilité, mais aussi d'aspects économiques pour l'ensemble de la Wallonie. Je crois que c'est l'objectif de tout un chacun, ici, dans cette commission.
Madame Barzin
Je remercie M. le Ministre pour ses différents éléments de réponse. Sur le plan global, on entend bien ce que vous dites par rapport au plan ROUTES, le cadastre qui a été fait, les priorités et les réparations qui ont notamment été effectuées ce week-end.
Mes questions abordaient de manière plus spécifique, la Province de Namur. Vous avez répondu à une partie d'entre elles, notamment pour ce qui concerne le litige sur la Nationale 4. C'est effectivement important de savoir ce qu'il en est à ce niveau-là, et surtout veiller à ce qu'à l'avenir, au niveau de la responsabilité de la garantie, on ne se retrouve plus dans ce type de situation. Par rapport à Rhisnes, on a effectivement fait des réparations, j'espère qu'elles seront de bonne qualité. J'avais lu certains articles dans la presse par rapport au nombre de centimètres indiqués. On s'est fié à un expert qui s'exprimait dans la presse, donc j'entends bien que vous dites que huit centimètres, c'est très bon. Par rapport à la liste des points noirs et au tableau reprenant les différents chantiers prévus, vous dites qu'on pourra avoir des modifications. Suite à cet hiver très rude, certains chantiers pourraient s'ajouter ou, au niveau de l'ordre, on pourrait modifier les priorités. Ce serait intéressant de nous communiquer ces différents éléments.
M. Lutgen, Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine.
Si Madame la Présidente me le permet, je vais ajouter différents éléments de réponse complémentaires : que l'on se comprenne bien, le plan ROUTES en tant que tel, représente 575 chantiers, regroupés en 37 grands chantiers. Toute une série de travaux complémentaires vont intervenir. J'ai toujours indiqué, lorsque j'ai présenté le plan ROUTES, que ce n'est pas un système figé. Pourquoi ? Les critères sont figés : le critère de la sécurité routière, le critère de la mobilité, le critère de la qualité du revêtement et la pondération. Mais si on constate qu'à tel ou tel endroit, il y a une dégradation plus importante que ce qu'on avait constaté il y a quelques mois, ce chantier-là peut effectivement remonter dans la liste. Cela, c'est sur le système évolutif.
La différence, la plus-value, c'est qu'on va devoir se justifier, justifier et pouvoir dire : « Ce chantier-là se retrouve maintenant prioritaire pour telle ou telle autre raison, parce qu'il y a eu plusieurs accidents à tel endroit, par exemple ». C'est un hit-parade évolutif. On ne va pas le changer tous les jours non plus, mais on améliore, voire on met une liste de chantiers complémentaires. Il y a déjà toute une série d'éléments où on sait, effectivement, qu'il y aura des compléments.
Sur l'aspect de Namur, j'ai ici toute une série d'éléments, je vous donnerai tous les chantiers qui sont prévus. Vous pouvez les retrouver dans le plan ROUTES, d'une part, mais sur les aspects réseau SPW, il y a toute une série de décisions que j'ai prises ou que je vais encore prendre dans les prochains jours quant à la réfection de certains tronçons, dont des tronçons en Province de Namur. Je vous les donnerai par écrit pour que vous les ayez dans les meilleurs délais.
Madame Barzin
C'est vrai qu'à certains endroits, on sait que la situation était fort dégradée. Cet hiver a rendu les conditions beaucoup plus difficiles. Cela peut donc effectivement modifier l'ordre des priorités. Je vous remercie donc de me communiquer ces éléments.
Voici la liste que le Ministre Lutgen a transmise à Madame Barzin dans les jours qui ont suivi cette séance de questions :
« Vous trouverez ci-après différentes interventions qui ont eu lieu ces derniers jours dans la province de Namur. Il s'agit d'exemples d'endroits précis comprenant des dégradations routières sur les tronçons suivants : E42 : viaduc de Rhisnes, N4 : entre Courrière et Ciney, E411 : entre Wellin et Lavaux, E411 : entre Custinne et Rochefort, ... »
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